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Parcs Nationaux visités

Les parcs et les réserves naturelles représentent 8% du territoire national. Ils jouent un rôle majeur dans la préservation de l'environnement et contribuent de manière significative à l'essor touristique.

Le Sénégal compte six parcs nationaux : le Parc national du Niokolo-Koba dans l'est du pays ; le Parc national des oiseaux du Djoudj ; le Parc national de la Langue de Barbarie dans la région de Saint-Louis ; le Parc national des îles de la Madeleine au large de Dakar ; le Parc national du delta du Saloum dans le sud, ainsi que le Parc national de la Basse-Casamance, fermé depuis quelques années en raison des troubles dans la région. Ce dernier parc a été un refuge pour les rebelles qui ont complètement minés le site avec l'armée.

Les Parcs Nationaux sont gérés par la Direction des Parcs Nationaux du ministère de l'Environnement et de la Protection de la Nature, des Bassins de rétention et des Lacs artificiels du Sénégal.

Lors de mon séjour, j'ai eu l'occasion de me rendre dans certains d'entre eux grâce à l'aide des responsables des parcs, des agents de terrain et de l'intérêt que je porte à l'ornithologie.

Cliquez sur les photos ci-dessous pour accéder aux galeries correspondantes.


Parc National du NIOKOLO KOBA ou Complexe écologique de NIOKOLO-BADIAR
Parc National des Oiseaux du DJOUDJ
Parc National des ILES MADELEINE
Parc National de la LANGUE DE BARBARIE
Réserve de Faune de GEUMBEUL

Réserve Ornithologique de Kalissaye
Mangrove de Kassel


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Parc National du NIOKOLO KOBA ou Complexe écologique de NIOKOLO-BADIAR

Le Parc National du Niokolo Koba, à une centaine de km de Tambacounda, est l'une des plus importantes réserves d'animaux de l'Afrique de l'Ouest.  Il a une superficie de 913.000 ha. Tout d’abord réserve de chasse à partir de 1926, puis forêt classée en 1951, réserve faunique en 1953, le Niokolo Koba a obtenu le statut de parc national en 1954 pour protéger et conserver la faune et la flore menacée. Le PNNK est classé depuis 1981 par l'Unesco comme site du Patrimoine Mondial et Réserve de la Biosphère. Depuis 1995, il fait partie d'un complexe plus vaste, appelé le « Complexe écologique de Niokolo-Badiar », qui intègre le Parc du Badiar et les forêts classées de Ndama et du Badiar Sud, situés en Guinée.

Le Parc est traversé par le fleuve Gambie sur 200 km et ses affluents le Niokolo Koba et la Koulountou.
Actuellement, le PNNK est très peu visité des touristes qui le jugent « trop loin » de Dakar.
Les paysages sont variés : collines et savanes boisées, étendues marécageuses, forêts luxuriantes, grandes plaines herbeuses, forêts ripicoles (forêts galeries),…

Près de 80 espèces de mammifères y vivent : antilopes, hippopotames, phacochères, babouins, lions, léopard, buffle, hippotrague, élan de Derby,…  ainsi que 330 espèces d'oiseaux et de nombreux reptiles dont le crocodile et plusieurs serpents. Les derniers éléphants du Sénégal vivent dans ce parc, du coté du mont Assirik qui culmine à 371m mais ils ne sont que TRES rarement vu. La flore compte quelques 1500 espèces.
En raison de la fermeture des pistes détrempées et du niveau des eaux, je n’ai pu me rendre sur le mont Assirik pendant les 3 jours passés dans le parcs avec les gardes.


Parc National des Oiseaux du DJOUDJ

Le Parc National des Oiseaux du Djoudj, à 60 km de Saint-Louis, est un site exceptionnel qui s'étend sur 16 000 hectares dans le delta du Sénégal.  Il doit son nom à un bras du fleuve Sénégal, le Djoudj. Cette cuvette est la seule contrée verte du Sahel et est composée de lacs et de marigots, de gués et bancs de sable, de roselières,… Première zone humide d'importance au sud du Sahara, le Parc National du Djoudj est essentiel pour l'hivernage des migrateurs européens. De par sa position géographique, le PNOD constitue l'un des tous premiers refuges pour ceux-ci après la traversée du Sahara.

Un nombre impressionnant d'oiseaux fréquente le parc : ce sont chaque année près de 3 millions d'oiseaux répartis sur près de 350 espèces qui viennent trouver refuge dans ce sanctuaire considéré comme la troisième réserve ornithologique du monde. La colonie de Pélicans Pelecanus onocrolatus compte bon an mal an 16.000 couples. Sachant qu'un Pélican mange quotidiennement entre 700 et 800 g de poissons par jour, cela fait... ... beaucoup. Heureusement, le site et ses alentours en regorge. Pas moins de 60 espèces de poissons fréquentent le PNOD.
Ce Parc a été créé en 1971 puis a été agrandi en 1975. En 1980,  il est classé comme « zone humide d'importance internationale » par la Convention de Ramsar. En 1981, enfin, il est inscrit au Patrimoine mondial de l'Unesco. Depuis la mise en service du barrage de Diama (construit entre 1981 et 1986) sur le fleuve Sénégal, les experts ont constaté une baisse de niveau de l'eau, une désalinisation et un ensablement du fleuve (ce barrage anti-sel a pour but d'augmenter la superficie de terres cultivables et de permettre leur irrigation). Ces modifications constituent une menace majeure pour la faune et la flore.

J'ai passé 2 jours sur place, logé dans la station scientifique, en pirogue accompagné dans les marigots et seul en vélo le reste du temps. Des moments inoubliables.

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Parc National des ILES MADELEINE

Un coin de paradis à Dakar. Ce Parc est le plus petit Parc National au monde. D’une superficie de 45 ha (dont 14 hémergés), ce Parc situé à environ 3,8 kilomètres au large de Dakar comprend la grande île (l'île aux serpents), les îles Lougnes ("qui affleurent en Lébou) et une partie de la mer qui s'étend sur 50 mètres à partir des îles. Ce sont de petites îles volcaniques inhabitées avec des falaises abruptes à couverture steppique en milieu marin.
La falaise atteint une hauteur de 35 mètres et entoure un plateau horizontal, dominé au sud par deux petits chicots rocheux, dont l’un porte les ruines d’une très ancienne construction datant de plusieurs siècles. Au sud, le plateau tombe en pente assez douce vers une crique, nommée « crique HUBERT », seul endroit où l’accostage est possible.
Un des premiers noms donnés à ces îles au XVIIe siècle par de navigateurs français fut “Isles de Merde” en référence à l'important guano laissé par les milliers d’oiseaux marins qui la fréquentait. L'appellation "île de la Madeleine" provient soit du portugais Ilha de Madalena, soit du nom d'un des navires qui, au début du 18 ème siècle, dressèrent la carte de la côte.

Réserve ornithologique depuis 1949 et reconnue officiellement en juin 1964, cet espace protégé a obtenu le statut de parc national en janvier 1976. Sa candidature à la liste du patrimoine mondial de l’Unesco a été soumise en 2005. Sur les 6 parcs nationaux, c’est le seul à vocation de sauvegarde de la ressource ichtyo-biologique.

Le parc permet la sauvegarde d'une faune ichtyologique particulièrement abondante des fonds marins rocheux peu profonds. La pêche y est donc totalement  interdite mais comment arriver à surveiller en permanence le site ? La diversité de l’avifaune n’est pas exceptionnelle si ce n’est le très rare Phaéton à bec rouge Phaeton aethereus mesonauta. Cet oiseau pélagique d'une beauté exceptionnelle, dont on a fait l'emblème de ce parc, ne niche plus que dans trois sites au monde : les îles de la Madeleine au Sénégal, les îles Asunción et les îles du Cap Vert. Sa survie est toujours critique puisque qu'il ne pond qu'un oeuf par an que le couple couve pendant deux mois.
L’île est très fréquentée par le Milan noir Milvus migrans, le Cochevis huppé Galerida cristata, les Euplectes Euplectes sp., le Faucon Pèlerin Falco peregrinus, les sternes Sterna sp., le Balbuzard pêcheur Pandion haliaetus,... Les falaises comptent une grande colonie de Grands cormorans Phalacrocorax carbo lucidus. La couleuvre sifflante Psammophis sibilians est également une résidente des lieux.

Des formes de végétation uniques telles que la steppe à Andropogon gayanus (graminée vivace), Brachiaria distichophylla (graminée sahélienne) et Bothriochloa intermedia (toujours une graminée =Caucasian bluestem) y sont présentes. On y trouve également des peuplements de baobabs nains, endémiques de l’île.

Plus qu’un Parc Naturel, le PNIM est un site culturel pour la collectivité de pêcheurs Lebou : il abrite le génie protecteur « Ndoek-Daour » de la ville de Dakar dans la tradition Lebou.




Parc National de la LANGUE DE BARBARIE  &  Réserve de Faune de GEUMBEUL

Parc National de la Langue de Barbarie

Le Parc national de la Langue de Barbarie est situé à une vingtaine de kilomètres au sud de Saint-Louis du Sénégal vers l'embouchure du fleuve Sénégal. C'est une réserve ornithologique de 2000 hectares qui s’étire sur 15 km de long avec une largeur de près d'1 km entre le fleuve Sénégal et la mer. Classé au patrimoine mondial de l'Unesco, le PNLB  a été créé en 1976 ; il comprend l'estuaire du fleuve Sénégal, l'extrémité sableuse de la Langue, les marigots bordant le continent ainsi que deux îlots situés au milieu du fleuve.

La partie exposée à la mer est constituée de dunes fixées par des Filaos Casuarina equisetifolia (=Pin australien, espèce xénophyte originaire de Malaisie et d'Australie). La plage constitue une zone de ponte pour les tortues marines. Par endroit, on peut encore retrouver des restes de mangroves (Avicennia uniquement) à l’état de reliques. De nombreuses espèces d'oiseaux se retrouvent au PNLB qui est d'ailleurs connu pour ses Laridae (Sternes, Guifettes, Goélands et Mouettes).

En 2003 un canal de délestage de 4 mètres a été ouvert pour sauver Saint-Louis des inondations. Depuis, la Langue de Barbarie est divisée en deux. Malheureusement cette brèche s'agrandit constamment et s'étend maintenant sur 900 mètres compromettant sérieusement l’avenir du Parc. En savoir plus sur ce problème de brèche ici.

La Réserve spéciale de faune de Guembeul

Cette réserve est une réserve naturelle privée, située à 10km au sud de Saint-Louis, non loin du PNLB. Créée en 1983, elle a été classée zone humide d'importance internationale par la convention Ramsar en 1986. D’une superficie de 720 ha dont 200 ha pour le lac central, elle est entourée d’une clôture périphérique de 12 km, ce qui a favorisé la régénération des savanes à Acacia.

Cette réserve abrite principalement une faune en voie d’extinction. On y trouve notamment la Tortue terrestre Geochelone sulcata, qui peuvent vivre plus de 100 ans, des Gazelle dama Gazella dama offertes à la réserve par Israël en vue de leur réintroduction dans le milieu sahélien du Ferlo à l’Est du pays, des Oryx algazelle Oryx dammah, des lièvres, des phacochères, des renards pâles, des singes patas,…
200 espèces d'oiseaux y sont représentées dont 124 qui sont protégées par la Convention de Berne et celle de Bonn
La réserve est notamment connue pour être le plus grand site de nidification d’Avocette Recurvirostra avosetta du Sénégal.

 

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La réserve ornithologique de KALISSAYE et les mangroves de KASSEL/KAFOUNTINE

Ces deux zones voisines sont proches de l'Aire Marine Protégée d'Avéné qui s'étend le long de la côte depuis Kafountine jusqu'à Niafarang. Cet espace protégé s'étend jusqu'à une dizaine de km de la côte. Voir le site du programme GIRMac.

La réserve ornithologique de Kalissaye

La ROK est une petite réserve naturelle de 16 ha située à l'embouchure du marigot de Kalissaye, au milieu du delta du fleuve Casamance. Elle est difficilement accessible en raison des troubles dans la région mais cela change vite.

Cette réserve côtière compte des îlots sableux colonisés par une végétation basse constituée notamment d'ipomée pied-de-chèvre Ipomoea pes-caprae, de Sporobolus spicatus (graminée stolonifère) et d'Alternanthera maritima.
La ROK est intéressante pour les oiseaux telles que la sterne caspienne Sterna caspia (jusqu'à 10 000 couples dans les années 1980),  la sterne royale Sterna maxima (plusieurs milliers de couples), le pélican blanc Pelecanus onocrotalus et bien d’autres espèces.
La reproduction de plusieurs espèces de tortues marines était suivie de près, notamment celle de la tortue caouanne Caretta caretta et de la tortue verte Chelonia mydas.
Au niveau des mammifères, le Lamantin  Trichechus senegalensis est probablement l’espèce la plus remarquable étant donné l’état de ses populations. Le dauphin commun Delphinus delphis est couramment observé.

La réserve avait été créée en juillet 1978 pour protéger les colonies nicheuses d'oiseaux marins et les lieux de reproduction des tortues marines. La mer avait envahi certains de ces îlots dans les années ’90 mais la situation se rétabli naturellement aujourd’hui

Les mangroves de Kassel

Les mangroves de Kassel/Kafountine sont remarquables par leur état de conservation. Certains palétuviers Rhizophora y atteignent 20 m de hauteur. Dans ces mangroves se trouve l’île de Kassel dans un méandre d’un bolon. Elle est un peu plus grande que celle de Ziguinchor voir ici et occupe une superficie d’un peu plus de 3,2 ha et est composée de Rhizophora de grande taille, de 4 m à plus de 10-15 m, très dense contrairement aux palétuviers de Ziguinchor qui sont beaucoup plus petits et plus lâchement répartis. Cette île est le support d’une vaste colonie d’oiseaux : Pélécaniforme et Ardeidae (voir TFE).

L'île de Kassel serait considérée comme une réserve ornithologique spéciale (difficile d'en trouver le vrai statut).

Des projets de protection plus stricts de cette île existent actuellement mais végètent par manque de moyens, par la situation politique du site,... Un autre projet est la mise en réserve Biosphère (MAB) de l'ensemble de l'embouchure du fleuve Casamance, ce qui reprendrait le Parc National de Basse-Casamance (aujourd'hui toujours inaccessible), Kalissaye, Kassel,...

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