Les Mangroves en Basse-Casamance


Les principales zones forestières de Basse-Casamance

La Basse-Casamance contient la majeure partie des ressources forestières du pays

Types de végétation - Flore

La région de Ziguinchor fait partie du domaine biogéographique subguinéen. Ce dernier est juste limité à la Basse-Casamance au Sénégal, ce qui est dû au climat particulier de la région.
La Flore sénégalaise est riche de 2.500 espèces. Parmi celles-ci, la région de Ziguinchor en totalise 1.150 à elle seule. Contrairement à la faune qui ne possède aucune espèce endémique, la Casamance possède 7 espèces végétales endémiques.
La région compte 30 forêts classées couvrant une superficie de 116.776 ha. Celles-ci sont classées, soit pour la création d’une réserve de bois d’énergie, soit pour protéger des sols fragiles ou encore pour préserver une végétation rare ou riche en essences de valeur.
Le domaine subguinéen est occupé, à l’état naturel, par une forêt dense demi-sèche à feuilles caduques à deux étages caractérisée par des espèces à affinité guinéenne telles que le Caïlcédrat Khaya senegalensis, le Mampatan Parinari excelsa, le Fromager Ceiba pentandra, l’Iroko Chlorophora regia, le Tomboiro Antiaris africana, le Ditakh Detarium senegalense et le Tali Erythrophleum guineense ainsi que le Palmier à huile Elais guineensis et par un sous-bois dense formé d’arbrisseaux, lianes,...

Sous l’action de l’homme, cette végétation climacique ne subsiste plus que sous forme de petits îlots reliquaires, notamment dans le Parc National de Basse Casamance. Dans l’estuaire, la végétation  climacique est toujours bien présente quoique fort dégradée ; il s’agit de la mangrove.

Différents grands types de végétation se distinguent en Basse-Casamance  :

  • la forêt dense demi-sèche décrite ci-dessus ;
  • la forêt claire. Ce sont des peuplements ouverts dont les cimes sont plus ou moins jointives. Les arbres ont une hauteur de 10 à 20 m pour un couvert de 40 à 60%. L’étage dominant comprend les espèces suivantes : le Caïcédrat Khaya senegalensis, le Linké Afzelia africana, le FromagerCeiba pentandra, le Vène Pterocarpus erinaceus, le Kapokier Bombax costatum, le Nété Parkia biglobosa, le Santan Daniellia oliveri,... Le sous-bois est généralement composé de combrétacées Combretum sp. Cette formation forestière, sous l’effet des agressions dont elle est victime (surexploitation ligneuse, défrichements agricoles, feux de brousse et surpâturage), tend à se dégrader progressivement : c’est ce qu’on appelle la "savanisation".
  • la savane arborée : les arbres et arbustes sont disséminés. La hauteur des arbres se situe entre 8 et 12 m pour une densité de couvert de 25 à 35 %. Cette formation comprend comme espèces dominantes Khaya senegalensis, Parkia biglobosa, Ficus glumosa, Elais guineensis, Borassus aethiopium, Ficus glumosa, diverses combrétacées Combretum sp.,…
  • la palmeraie : le Palmier à huile Elais guineensis est très répandu en Basse Casamance, soit à l’état isolé, soit en bouquets assez serrés. Le vif intérêt porté au palmier à huile par les populations locales en raison de ses fruits (noix, huile) et du vin de palme que l’on peut en tirer explique sa présence à proximité des villages et son extension dans les terrains de cultures. Avec l’impact de la sécheresse, une certaine régression de la palmeraie a été enregistrée, dûe tant à la baisse de la nappe phréatique, qu’à la surexploitation des sujets. Le Rônier Borassus aethiopum se comporte également très bien dans la région mais il n’a cependant pas bénéficié du même « respect » que le palmier à huile de la part des populations lors des défrichements, du fait que son bois est très apprécié dans les constructions rurales pour sa grande résistance aux termites.
  • la mangrove, présentée en détail ci-dessous, que nous retrouvons aux abords du fleuve et de ses affluents, milieu azonal dominé par les palétuviers Rhizophora et à Avicennia.

SOURCE : Plan National d'Aménagement du territoire (1985), Carte du couvert végétal, projet USAID/RSI No 685-0233, République du Sénégal

La Mangrove : définition

La mangrove est un milieu azonal, une formation ripicole pantropicale localisée caractéristique de tous les écosystèmes des côtes à delta soumises aux marées des régions intertropicales. Plus précisément, la mangrove est l’association de plantes arborescentes et arbustives caractérisée par des adaptations morphologiques et/ou physiologiques leur permettant de survivre dans un milieu instable influencé périodiquement par les eaux saumâtres ou marines. Elle se développe dans les zones où la température minimale du mois le plus froid est supérieure à 16°c  et où la salinité varie entre 0 et 90 ppt.

Les mangroves dans le monde

Les mangroves étant un milieu des régions littorales intertropicales, elles se retrouvent entre le tropique du Cancer et celui du Capricorne. Elles occupent une superficie totale de 160.000 km², soit 1% des formations forestières tropicales naturelles. Le continent africain totalise 20% des mangroves mondiales. Les mangroves sont reconnues par l’UNESCO comme un habitat de valeur cruciale parmi les milieux côtiers et certaines, telles celles de la Réserve Biosphère du Delta du Saloum, sont classées comme faisant partie du patrimoine mondial de l’humanité (http://www.unesco.org/mab).
limites approximatives des mangroves du monde
 

La superficie occupée par les mangroves dans le monde décroît assez rapidement, au rythme de 1.1% en Asie à 0.7% en Amérique latine et en Afrique.

Comparée aux autres types de végétations tropicales, la mangrove compte peu d’espèces végétales et toutes sont adaptées à ce milieu ultra-sélectif. C’est ainsi que se retrouvent une cinquantaine d’espèces dans les mangroves indiennes ou malaysiennes alors qu’il n’y en a qu’une dizaine en moyenne pour les autres régions du monde et seulement 7 pour l’Afrique de l’Ouest .

Les utilisations traditionnelles de cet écosystème sont restées longtemps sans grand impact sur les ressources. Ce n'est que récemment, du fait de pressions anthropiques croissantes, qu’il a commencé à subir de fortes dégradations aux conséquences plus ou moins importantes ; depuis une érosion côtière accrue à une diminution des rendements de pêche. Le développement économique des zones littorales, la conversion en bassins aquacoles ou en terres pour l'agriculture (rizières) sont les principales causes de la disparition des mangroves au niveau mondial. D'autres activités telles que le prélèvement de bois de feu pour les villes côtières ou la construction de barrages contribuent à provoquer un recul souvent irréversible de cet écosystème.


Les mangroves du Sénégal – cas de la Casamance

Au Sénégal, les mangroves occupaient en 1990 un peu moins de 300.000 ha. Celles-ci sont localisées au débouché des grands fleuves que sont le Sénégal, le Saloum et le Casamance, ce premier n’en possédant qu’une très faible part. Le taux de régression des mangroves pour l’ensemble du pays peut être estimé à 4,5 % pendant la période 1980-95. En ce qui concerne la Casamance, la mangrove aurait régressé de 10 à 50 % de sa superficie originelle  pendant les années 1970 à 1990, ce qui serait essentiellement lié à l’augmentation de la salinité qu’aggravaient par endroit les coupes abusives.

Les mangroves occupent l'estuaire de la Casamance sur environ 130.000 ha. Elles s'étendent de la frontière de Guinée-Bissau au sud jusqu'à Diouloulou au nord et occupent une bande importante sur la rive nord du fleuve qui s'amenuise après Ziguinchor pour n'apparaître que sur des îlots ou en minces rideaux le long des rives jusqu’en amont de Sédhiou. Sur la rive sud du Casamance, les mangroves sont moins étendues.
En Basse-Casamance, les données récentes de la superficie de mangroves sont lacunaires et des valeurs de 80.000 à 250.000 ha sont citées, ce qui peut s’expliquer par la définition donnée aux mangroves, c’est à dire si les tannes sont considérées comme en faisant partie ou non. Voici quelques données :
1980 : 250.000 ha
1973 : 93.150 ha
1979 : 90.750 ha
1983 : 88.750 ha

Au début du 20ème siècle, d’importantes superficies de mangroves ont été exploitées en Casamance pour alimenter en bois de chauffe et en charbon de bois la population locale mais aussi les centres urbains du pays. En 1942 par exemple, 2.500 tonnes de bois de palétuviers ont été exportés sur Dakar et 6.000 tonnes en 1943. L’exploitation était telle qu’elle permettait également l’exportation du charbon de bois vers l’extérieur : Marseille, Alger,… Les coupes pratiquées étaient des coupes étocs sur de grandes superficies (il était possible d’apercevoir Tobor depuis le port de Ziguinchor après celles-ci). Face à cette situation et compte tenu de la spécificité et de la fragilité de cette formation végétale, les mangroves ont été classées en 1945 par l’Arrêté n°3433 SE/F du 12 novembre. Elles bénéficient depuis du statut de "forêts classées".
Bien que d’autres facteurs entrent également en compte, ces coupes ont fortement dégradé la mangrove et ont marqué sa physionomie. C’est ainsi que les mangroves de la région de Ziguinchor, présentant l’avantage d’être facilement accessibles pour l’abattage, sont de taille basse avec des palétuviers au port arbustif alors que dans les régions moins accessibles, se retrouve de très hautes mangroves avec des palétuviers au port arborescent. (obs. pers). Actuellement, dans la région de Ziguinchor, les mangroves sont également affectées par :

  1. le problème de sécheresse avec ses conséquences sur l’évolution des sols dont nous parlerons plus loin;
  2. les barrages anti-sel tels que celui d’Affiniam et de Guidel. Ceux-ci ont localement considérablement diminué l’étendue de terre inondable occupée par les mangroves. En amont du barrage, l’eau devenue douce et l’arrêt de l’influence des marées ont provoqué la disparition de la mangrove. En aval du barrage, par contre, c’est l’excès de salinité due à l’intense évaporation qui est la cause de sa régression.
  3. La croix noire sur la carte 2 localise le barrage d’Affiniam. Ce barrage est opérationnel depuis 1987 et avait pour but de récupérer 12.000 ha de terres pour la riziculture. Sans atteindre cette superficie, cet ouvrage a bien sur permis de récupérer des terres mais il a aussi détruit toute la mangrove en amont visible sure la carte 2 (zone plus claire en amont de la croix).
  4. les coupes illégales ou abusives;
  5. la récolte des huîtres par la coupe des racines de palétuviers ;
  6. le défrichement de la mangrove pour l’aquaculture et la riziculture ;
  7. la pollution (notamment par les hydrocarbures)

Pendant les dernières décennies, la sécheresse et ses conséquences sur le sol ont été la cause majeure de la régression des mangroves. Entre 1969 et 1985, environ 70 à 80% des palétuviers auraient ainsi disparu. Actuellement, depuis l’augmentation de la pluviosité depuis la fin des années ’90, une reconstitution progressive a été observée sur quelques sites.

La mangrove : un écosystème particulier

Le milieu mangrove est caractérisé par des conditions physiques et chimiques très variables dans le temps. Ces variations sont dues au phénomène de fluctuation du niveau d’eau, au mélange des eaux continentales et marines, aux apports nutritifs,… Les mangroves diffèrent également des autres écosystèmes forestiers par le fait qu’elles reçoivent de grands apports de matières et d’énergie en provenance du milieu terrestre comme du milieu marin. Elles montrent un fort degré de diversité structurelle et fonctionnelle, ce qui les situe parmi les écosystèmes les plus complexes.

D’un point de vue écologique, les mangroves fournissent la matière organique à la base des chaînes alimentaires des cordons littoraux et des eaux côtières peu profondes.

La mangrove, outre son importance socio-économique, rend plusieurs "services" dont les plus importants sont  :

  1. la stabilisation et la protection des littoraux ;
  2. la modération des effets des tempêtes et des cyclones côtiers ;
  3. le maintien d’une bonne qualité de l’eau en retenant les charges alluviales et en filtrant et retenant les charges polluantes ;
  4. d’être à la base des chaînes alimentaires grâce à son importante productivité primaire et la quantité de détritus produite ;
  5. de servir d’aires de croissancs et d’alimentation à de nombreuses espèces de poissons, de crustacés et de mollusques qui profitent de la richesse alimentaire du milieu, des eaux calmes et des  nombreuses racines;
  6. de servir de support de nidification, de sites alimentaires, d’abris,… pour de nombreuses espèces d’oiseaux.
schéma simlplifié des relations trophiques dans les mangroves


La morphologie et la topographie des mangroves sont en étroite relation avec la marée. Se distinguent ainsi trois étages :

  1. l’étage supratidal avec tannes herbacées ou tannes vifs (sont appelées "tannes" les zones généralement dénudées au sol halomorphe faisant suite aux palétuviers).
  2. l’étage intertidal avec la mangrove proprement dite et les tannes inondées
  3. l’étage infratidal à vase nue

Ces dépôts de vases comportent une slikke de poto-poto (vase molle) découverte à marée basse et colonisée par la mangrove. En arrière de celle-ci, se retrouve souvent le schorre, c’est à dire les dépôts vaseux mieux égouttés, soit stériles, soit couverts d’une végétation herbacée. Les mangroves du Sénégal sont avant tout caractérisées par le rôle prépondérant que jouent la salinité et la teneur en souffre de leur sol dans la pédogenèse. Ces sols de mangroves présentent la caractéristique d’avoir un important taux de souffre sous forme de pyrite et sont appelés « sols sulfatés acides » bien que ces sols soient en réalités fort variés.
Le faciès des sols à mangrove est donc un faciès de sol hydromorphe plus ou moins évolué, organique, halomorphe,… selon l’âge de la mangrove, c’est à dire selon son niveau de maturation.


La salinité

Les mouvements du sel dans les sols de mangroves sont des phénomènes naturels résultants des caractéristiques climatiques saisonnières. Pendant la saison sèche, l’eau de la mangrove à Avicennia, très superficiellement drainée, s’évapore, augmentant ainsi la concentration en sel. Dans les tannes, c’est l’évaporation des eaux des nappes, alimentées souterrainement par la pulsation des marées, qui concentre le sel avec des teneurs beaucoup plus élevées encore.

Le transit se fait donc, en saison sèche, depuis l’extérieur vers le centre. Mais, lors de la saison des pluies, l’eau dissout le sel accumulé provoquant une circulation inverse. De plus, les importantes précipitations de l’hivernage diluent le sel et font chuter considérablement les concentrations. Les problèmes de sécheresse actuelle modifient ce schéma provoquant une sursalinisation pouvant se manifester par des dépôts solides. Depuis 1972 est également constatée une forte augmentation des eaux libres.

Schéma simplifié des mouvements de sels au niveau des berges des bolongs


L’acidité

Le pH normal des mangroves est proche de la neutralité avec des variations saisonnières. De manière simplifiée, nous pouvons dire que le pH est sous l’influence de l’alternance saisonnière d’engorgement et de dessiccation qui modifie le potentiel d’oxydo-réduction, favorisant alternativement l’un ou l’autre phénomène.
En période engorgée, la réduction affecte le fer des particules et des grains de quartz SiO2 ainsi que le souffre des sulfates déposés avec les sédiments sous l’effet de l’évolution anaérobie de la matière organique des vases des mangroves à Rhizophora. Les produits de la réduction, les sulfures de fer et la pyrite Fe2S, s’accumulent au niveau racinaire des Rhizophora et atteignent des concentrations de 5 à 6%. Le système racinaire d’Avicennia, traçant, n’a quant à lui pas cette particularité.
En saison sèche lorsque le niveau de la nappe baisse, une partie des sulfures est oxydée en acide sulfurique faisant baisser le pH parfois de manière importante : jusqu’à une valeur de 3 à 2 lorsque le sol est sec. Cette acidification, très faiblement neutralisée car le milieu contient peu de bases, augmente de la mangrove externe vers les tannes et sera lessivée par les pluies où le phénomène de réduction va recommencer et ainsi de suite. Ces sols ont donc une importante acidité potentielle.

Comme pour la salinité, le problème de la sécheresse a modifié ce schéma et provoqué une acidification accrue. La baisse du pH entraîne la libération d’aluminium par les argiles  qui peut repasser dans l’eau libre, abaissant davantage leur pH et pouvant exercer une action phytotoxique non négligeable. La salinité, l'acidité et la toxicité alumino-ferreuse constituent les principales contraintes des sols sulfatés acides qui peuvent de la sorte devenir stérile.
De la jarosite MFe3(SO4)2(OH)6 (avec M : cations divers) et, dans une moindre mesure, du gypse CaSO4.2H2O peuvent également se retrouver dans le milieu suite à l’oxydation de la pyrite. Ces composés sont associés à une acidité importante mais, dans les zones soumises à l’influence quasi-permanente de la marée comme le bras principal du Casamance, l’acidité résultant de l’oxydation de la pyrite est rapidement neutralisée par les apports d’eaux marines. En amont de ces zones, par contre, l’acidité se développe sans neutralisation possible .

Après ces dernières décennies "sèches", il apparaît donc aujourd’hui que l’acidité, si elle est toujours potentielle dans les mangroves et spectaculaire à ses débuts, est aujourd’hui masquée par une salinité extrême qui affecte tous les niveaux des bassins fluvio-marins avec parmi les conséquences les plus visibles :

  1. au niveau des vasières : un rétrécissement de la mangrove à Rhizophora sur les bras principaux et sa disparition presque totale sur les bras secondaires; son remplacement par une mangrove à Avicennia mieux adaptée à l’excès de sel bien qu’elle soit parfois elle aussi atteinte de mortalité massive.
  2. au niveau des tannes : une augmentation considérable des surfaces hypersalées et stériles : les "tannes vives" développées aux dépends de la mangrove.
  3. au niveau des rizières de mangroves : l’abaissement de la nappe d’eau douce et sa contamination par les nappes salées ont comme première conséquence une salinisation et un abandon de la riziculture. L’intrusion du front salin atteint parfois même la palmeraie qui présente alors une forte mortalité.

Flore

Les forêts de mangroves ont une structure relativement simple, le nombre de strates étant la plupart du temps réduit à une seule. Les mangroves sénégambiennes sont des mangroves de type "atlantique", caractérisées par leur pauvreté en espèces végétales, soit 6 espèces de palétuviers pour tout l’Ouest africain : Rhizophora harrisonii, Rh. mangle, Rh. racemosa (les palétuviers "rouges"), Avicennia nitid (palétuvier "noir"), Conocarpus erectus (palétuvier "gris")et Laguncularia racemosa (palétuvier "noir").
La mangrove étant un milieu très sélectif, les espèces qui la peuplent possèdent des adaptations très poussées qui leur sont propres. La salinité, la profondeur de l’eau et la force de la houle sont les principaux facteurs limitants de ce milieu et chaque espèce de palétuviers a ses exigences propres et ses limites vis-à-vis de chacun d’eux. Les palétuviers sont des végétaux halophytes facultatifs mais, dans les eaux douces, une végétation mieux adaptée prend le dessus. Les palétuviers ont développés des systèmes d’adaptation aux milieux salés :

  1. la tolérance aux très fortes concentrations en sels dans la sève, une pression osmotique élevée permettant une alimentation en eau correcte;
  2. l’excrétion active du sel par les racines et les feuilles (Avicennia) grâce à des cellules spécialisées qui contrôlent cette hypertonie cellulaire ou encore l’excrétion passive par l’accumulation du sel dans les feuilles âgées avant leur chute;
  3. une cuticule épaisse et coriace, un contrôle de l’ouverture de leur stomate et de l’orientation de leurs feuilles pour limiter la perte en eau douce ;

Les sols étant engorgé d’eau la majeure partie du temps, ils sont de ce fait anaérobies. Ce problème de l’anaérobie du milieu est résolu par la présence de racines aériennes (rhizophores et pneumatophores) spongieuses possédant de nombreuses lenticelles facilitant ainsi les échanges gazeux.

Les Rhizophora (Rhizophoridae), ou palétuviers rouges, sont des palétuviers caractérisés par leurs nombreuses racines « échasses » aériennes en forme d’arches, les rhizophores, issues du tronc ou des  branches. Ces racines, fortement subérisées et imperméables permettent d’une part l’encrage et la stabilité de l’arbre dans un milieu vaseux et d’autre part une respiration optimale. Les Rhizophora supportent une salinité de 0 à 65 g/l. Les fruits sont appelés des propagules et sont vivipares, la plantule se développant avant la chute du fruit en se servant de celui-ci comme support.

Avicennia nitidae (Verbenaceae), ou palétuvier blanc,  est un palétuvier de plus petite taille au feuillage gris-vert. Cette espèce possède un tronc unique d’où rayonnent des racines traçantes dont les nombreux pneumatophores, à géotropisme négatif, forment un tapis continu sous le peuplement dépassant les sédiments d’un vingtaine de cm. Ces racines aériennes à port de stalagmite possèdent de nombreuses lenticelles assurant les échanges gazeux. Les feuilles excrètent le sel et en sont de ce fait souvent couvertes. Avicennia supporte des salinités plus élevées que les Rhizophora, jusqu’à 90 g/l, ce qui explique sa position dans la zonation des mangroves. 


De gauche à droite : feuilles d'Avicennia avec excretions salines, pneumatophores, rhizophores et propagules de Rhizophora.

Dans l’ensemble, les palétuviers sont de taille moyenne avec une hauteur de 2 à 15m, Rhizophora racemosa étant le plus grand, certains pouvant atteindre 30 m comme il est possible de le voir par endroit sur la rive gauche du Casamance entre Kaffoutine, Kalissaye et le marigot de Diouloulou (Manay com. pers., obs. pers.). Chez les palétuviers, l’hydrochorie est de règle, l’eau assurant la dispersion des propagules et des fruits qui peuvent résister à la dessiccation et entrer en dormance pendant plusieurs semaines ou mois jusqu’à rencontrer les conditions optimales de croissance.

Des berges au rebord des plateaux ou des terrasses, il existe une zonation caractéristique de la végétation liée à la topographie, à la fréquence des submersions, soit par les marées, soit par les pluies et donc à la salinité. Il existe différents types de séquences propres à chaque région et qui peuvent évoluer dans le temps avec les conditions climatiques.
En Casamance, avant la sécheresse, la séquence type était :

  1. une étroite bande de Rhizophora racemosa (2-5m) ;
  2. une bande très large de Rhizophora mangle (30-50m) plus petit en taille que Rh. Racemosa ;
  3. une bande plus ou moins large dans laquelle se retrouvent associés Rh. Mangle et surtout Avicennia nitida (plus tolérante au sel) (20-30m) ;
  4. une bande plus étroite (5-10m) d’Av. nitida avec un tapis de Sesuvium portulacastrum, s’éclaircissant vers le tanne et faisant limite avec le tanne vif ou le tanne herbacé.


Coupe schématique de la mangrove casamançaise (Sow et al., 1994)

Actuellement, principalement suite aux problèmes de sécheresses des dernières décennies, cette séquence-type est rare et, en 1985, elle ne se trouvait déjà plus que sur la rive gauche du fleuve ou encore dans la vallée de Kamobeul. C’est la bande à Rhizophora sp., plus sensible qu’Avicennia à la salinité, qui a été la plus atteinte. Reste à leur place une zone de tanne inondée ou une mangrove dégradée.

Les mangroves de la Casamance sont donc maintenant composées en grande partie de seulement deux espèces: Rhizophora racemosa et Avicennia nitidae. La première, parfois absente, constitue des peuplements à peu près purs en bordure des marigots. Dès que l'on atteint des sols moins humides et plus sablonneux l'Avicennia constitue l'essentiel des mangroves. Elle envahit aussi les rizières abandonnées soumises à l'influence des marées. Des arbustes buissonneux, caractéristiques des sols salés, notamment Conocarpus erectus, se trouvent aux lisières des terres fermes qui font suite aux mangroves.                         
C’est ainsi que la plupart des mangroves autour de Ziguinchor se présentent avec une étroite bande de Rhizophora, parfois non continue, derrière laquelle s’étend une très large bande d’Avicennia et les tannes.
mangrove de Ziguinchor

 
Faune

La mangrove est un milieu très  productif. La productivité primaire des arbres de mangroves par unité de surface est estimée à sept fois supérieure à celle du phytoplancton côtier . Cette importante productivité primaire est essentiellement liée à un turn-over élevé de la matière organique fournie par la litière. Les productions algales issues des processus de minéralisation de la litière ou des apports nutritifs d’origine océanique et continentale sont très importantes et représentent la base de tout un réseau trophique complexe. Cependant, toute cette production est difficilement accessible à la faune terrestre. On ne retrouve donc dans les mangroves qu’une faune paludicole, nageuse, arboricole ou volante. De ce fait, alors que l’avifaune est abondante et diversifiée, les mammifères par contre sont très peu représentés dans ce type d’environnement. La faune benthique et l’ichtyofaune sont composées d’espèces marines euryhalines qui peuplent la zone la plus salée et d’espèces saumâtres qui leur succèdent vers l’amont quand la mangrove devient discontinue. La faune des mangroves est caractérisée par un nombre relativement peu élevé d’espèces dont les populations présentent de gros effectifs donc une biomasse importante.
Uca sp.

Le milieu mangrove se caractérise par une forte hétérogénéité spatiale grâce aux importants entrelacs formés par leurs racines échasses et pneumatophores, ce qui constitue un habitat de choix à de nombreux mollusques parmi lesquels Crassostrea gasar, Brachidontes niger, Chihamalus rhizophorae, Tympanotonus fuscatus,… et des crustacés dont Uca tangeri, Sesarma elegans, Cardisoma armatum,... Ces deux derniers groupes sont, en termes de biomasse, les animaux les plus importants.

Cet habitat constitue également une importante zone de frai pour beaucoup d’espèces de poissons et offre de nombreuses ressources alimentaires aux alevins, constituant ainsi une véritable nurserie. Il assure également une protection contre les prédateurs et amorti les perturbations physiques liées à l’activité hydrodynamique des marées. Au niveau de la faune ichtyologique, les eaux saumâtres tropicales sont essentiellement composées par des espèces euryhalines à affinité marine mais aussi, dans une moindre mesure, par des espèces dulcicoles qui pénètrent dans les eaux peu salées. Les poissons marins tropicaux sont moins sensibles aux variations de salinité que les espèces dulcicoles généralement très sensibles. L’importance de l’écosystème mangrove pour les espèces marines tropicales est incontestable puisque plus de 80% de celles-ci séjournent à un moment de leur vie dans les estuaires de ce milieu
Paradoxalement pour de telles zones humides, l’herpétofaune est peu représentée. Alors que des reptiles tels que les crocodiles, tortues, serpents, varans,… sont ou étaient présents, les amphibiens eux sont inexistants . Ce dernier groupe est d’ailleurs très peu représenté au Sénégal puisque seule deux espèces d’Anoures sont connues.

De nombreuses espèces d’oiseaux exploitent ce milieu même si elles ne s’y nourrissent pas toujours. La mangrove est alors utilisée comme support pour la nidification, comme abri ou encore comme perchoir pour la nuit ou lors des marées hautes. La liste complète des espèces d'oiseaux des mangroves dans chaque région biogéographique comprend entre 150 et 250 espèces. Dans le monde, 65 d'entre elles sont cataloguées comme menacées ou vulnérables.

Contrairement à la flore, le milieu mangrove ne présente aucune espèce animale qui lui est inféodée. En effet, même les espèces les plus remarquables comme les oiseaux d’eau, le Lamantin Trichechus senegalensis, le Crabe violoniste Uca sp, les périophtalmes Periophtalmus sp.… sont capables d’exploiter d’autres milieux.

Periophtalmus variatus - mangroves de Colobane

Intérêts socio-économiques de la mangrove

Alors que les mangroves ont longtemps été considérées comme des milieux inhospitaliers, insalubres et improductifs, elles commencent aujourd’hui à être reconnues d’utilité publique car présentant des intérêts tant sur le plan écologique qu’économique. Elles remplissent en effet des fonctions multiples dans l’écosystème et fournissent de nombreux produits en quantité aux populations locales et ce depuis toujours.
Parmi ces produits ou ces utilisations directes, citons :

  1. la production de bois de feu, de construction ou encore d’art. Le bois de palétuviers est un bois nerveux, remarquablement solide et exceptionnellement durable avec cependant une tendance à se fendre au séchage. Comme bois de feu, il présente l’avantage de brûler en donnant une chaleur uniforme tout en produisant peu de fumée. D’après les inventaires effectués en 1984, la mangrove de Basse-Casamance présentait un volume sur pied de bois de service (perches de constructions) et de bois de feu d’environ 50 m³/ha, auquel l’on pouvait ajouter 15m³/ha de bois mort sur pied, d’où une possibilité d’un peu plus d’un m³/ha/an, si cette formation était aménagée. Ces données ont très probablement évolué à la baisse au vu de l’état de dégradation actuel de la mangrove. Alors que dans de nombreuses régions à mangroves du monde, une sylviculture précise se développe, la sylviculture de la mangrove sénégalaise et même africaine n’en est qu’à ses débuts et, par conséquence, ces mangroves ne font l’objet d’aucune gestion forestière à grande échelle.
  2. l’utilisation pharmaceutique. Les feuilles, racines et graines de palétuviers entrent dans bon nombre de préparation thérapeutique, notamment contre les céphalées, les maux de ventre, pour la cicatrisation,…
  3. les produits animaux : les poissons, crabes, crevettes, langoustes, huîtres, pagnes,…
  4. l’apiculture
  5. la riziculture de mangrove et la pisciculture
  6. la production de sel
  7. le tanin, extrait de l’écorce des bois de palétuviers et utilisé pour la tannerie, la teinture et pour préserver les filets de pêche

SOURCES, EN SAVOIR PLUS :
- BERTRAND, F. (1994), Les modes de mise en valeur régionaux des mangroves des pays des Rivières du Sud : essai de typologie et de représentation graphique., in Dynamique et usages de la mangrove dans les pays des Rivières du Sud (du Sénégal à la Sierra Léone) : actes de l'atelier de travail de Dakar du 08 au 15 mai 1994, CORMIER-SALEM, M.-C., ORSTOM Editions, colloques et Séminaires, Paris, p.153-161
- BERTRAND, F. (1994), Les relations sols/végétation dans les mangroves des pays des Rivières du Sud. Etat de la question et perspectives de débat.
- BOS, D. (2006), Developments in wetland habitat in the rice & mangrove ecosystem and the relation with bird population, Altenburg & Wymenga ecologisch onderzoek, Veenwouden, 73pp
- CE/Direction Générale du Développement (2000), Etude sur les ressources forestières et les plantations forestières du Sénégal. Période : 1992- 99, FAO - Banque Africaine de Développement
- CHABOUD, C. (1994), Les activités économiques dans les littoraux à mangroves du Sénégal à la Sierra Leone : la filière des produits halieutiques, in Dynamique et usages de la mangrove dans les pays des Rivières du Sud (du Sénégal à la Sierra Léone) : actes de l'atelier de travail de Dakar du 08 au 15 mai 1994, CORMIER-SALEM, M.-C., ORSTOM Editions, colloques et Séminaires, Paris, p.171-185
- CHADOUD, C., CORMIER-SALEM, M-C., DIAW, M., KEBE, M., (1987), Approche socio-économique de l'exploitation du milieu aquatique casamançais, Rev. Hydrobiol. Trop. 20 (3-4) : 323-332
- CHARLES-DOMINIQUE, E. (1994), L'exploitation halieutique des estuaires à mangroves dans la région des Rivières du Sud : spécificités, diversités et évolution, in Dynamique et usages de la mangrove dans les pays des Rivières du Sud (du Sénégal à la Sierra Leone) : actes de l'atelier de travail de Dakar du 08 au 15 mai 1994, CORMIER-SALEM, M.-C., ORSTOM Editions, colloques et Séminaires, Paris, p. 161-171
- CHRISTENSEN, B. (2002), Les mangroves, richesses méconnues, Séminaire sur la gestion de la mangrove et la récupération des tannes du 11 au 15/02/2002, Direction des Eaux Forêts chasse et de la Conservation des sols du Sénégal, Kaolack, 9p
- CORMIER-SALEM, M.C. (1992), Gestion et évolution des espaces aquatiques : la Casamance, ORSTOM Editions, thèse de doctorat de géographie à L'Université Paris X-Nanterre, Paris, 585p
- CORMIER-SALEM, M.C. (1995), Du riz, des poissons, des hommes : stratégies des popultaions littorales des rivières du sud, Colloque International CIRAD/CNRS, Bordeaux, 7p
- DIAME (2003), Situation et problématique de gestion des mangroves de la Réserve de Biosphère du Delta du Saloum (RBDS), Atelier sur la définition d'axes prioritaires pour l'élaboration d'un plan de gestion d'urgence des zones humides en Casamance - rapport général Tome 2 : communications présentées, Ziguinchor, pp: 79-96
- DUPUY, B., MAITRE, H-F, AMSALLEM (1999), Techniques de gestion des écosystèmes forestiers tropicaux : état de l'art, Forest Policy Implementation Review and Strategy - CIRAD – FAO
- FAO (1994), Mangrove forest management guidelines, FAO forestry paper n°117, Rome
- FAO-UNEP (1984), Tropical Forest Resources assessment project : Part II : Country briefs (in the framework of Global Environment Monitoring System -GEMS), UN 32/6. 1301-78-04, Technical Report
- GUEYE, S. (2000), Etude sur les ressources forestières et les plantations forestières du Sénégal. Période : 1992-99, FAO, 61pp
- GUIRAL, D. (1994), Structuration fonctionnelle des écosystèmes de mangroves et spécificités des Rivières du Sud, in Dynamique et usages de la mangrove dans les pays des Rivières du Sud (du Sénégal à la Sierra Leone) : actes de l'atelier de travail de Dakar du 08 au 15 mai 1994, CORMIER-SALEM, M.-C., ORSTOM Editions, colloques et Séminaires, Paris, p.69-75
- I.P.I.E.C.A. (1993), L'impact biologique de la pollution par les hydrocarbures sur les mangroves, Les rapports de l'IPIECA (International Petroleum Environmental Conservation Association) , Vol 4, 22pp
- Inspection Régionale des Eaux et Forêts de Ziguinchor, (2004), Problématique de la gestion forestière dans la région de Ziguinchor, Ziguinchor, 16p
- KALY, J.L. (2002), Gestion participative de la mangrove, Séminaire sur la gestion de la mangrove et la récupération des tannes du 11 au 15/02/2002, Direction des Eaux Forêts chasse et de la Conservation des sols du Sénégal, Kaolack, 13p
- LE BRUSQ, J.Y. (1986), Remarques à propos de la thèse de C. Marius (mangroves du Sénégal et de la Gambie), Cahier de l'ORSTOM, sr. Pédol., vol. XXII n°4, pp. 439-440
- LOYER, J.Y., BOIVIN, P., LE BRUSQ, J.Y., ZANTE, P. (s.d.), Les sols du domaine fluvio-marin de Casamance (Sénégal) : évolution récente et réévaluation des contraintes majeures pour leur mise en valeur, ORSTOM, Dakar, 16-26
- MANAY, S. (Adjoint Inspecteur Régional des Eaux, Forêts et Chasse de Ziguinchor) (2006), Opération de restauration de la mangrove : zone de Tobor, Inspection Régionale des Euax Forêts et Chasse de Ziguinchor
- MARIUS, C. (1985), Contribution à l'étude des mangroves du Sénégal et de Gambie. Ecologie-pédologie-géochimie. Mise en valeur et aménagement (Résumé de thèse), Thèse de doctorat en sciences - Ecologie de la Terre, Cah. ORSTOM, sér. Pédol., vol.XXI n°1 : 127-131
- MARIUS, C. (1985), Mangroves du Sénégal et de la Gambie : écologie - pédologie - Géochimie - mise en valeur et aménagement, ORSTOM, Paris, 357p
- MARIUS, C. (1995), Effets de la sécheresse sur l'évolution des mangroves du Sénégal et de la Gambie : synthèse, Secheresse 6 : 123-128
- MONTOROI, J.P. (1996), Mise en valeur des bas-fonds en Basse Casamance (Sénégal), Agriculture et développement n°10 : 61-73
- NMHI (Newfound Harbor Marine Institute-Floride) (2006), http://www.nhmi.org/mangroves/
- O.I.B.T. (2002), Plan de travail OIBT sur la mangrove 2002-2006, http://www.itto.or.jp/live/pagedisplayhandler?pageid=201
- PAGES, J., DEBENAY J.-P., LEBRUSQ J.-Y. (1987), L'environnement estuarien de la Casamance, Rev. Hydrobiol.Trop. 20 (3-4) : 191-202
- SOW, M., DIALLO, A., DIALLO, N., DIXON, C.A. et GUISSE, A. (1994), Formations végétales et sols dans les mangroves des Rivières du Sud, in Dynamique et usages de la mangrove dans les pays des Rivières du Sud (du Sénégal à la Sierra Léone) : actes de l'atelier de travail de Dakar du 08 au 15 mai 1994, CORMIER-SALEM, M.-C., ORSTOM Editions, colloques et Séminaires, Paris, p.51-59
- VIEILLEFON (1977), Les sols des mangroves et des tannes de Basse Casamance (Sénégal) : Importance du comportement géochimique du souffre dans leur pédogenèse, ORSTOM, Paris, 291p
- VIEILLEFON, J. (1969), La pédogenèse dans les mangroves tropicales : un exemple de chronoséquence, Bulletin de l'Association Francaise pour l'Etude du Sol, p. 114-148
- VILLANUEVA, M. C. (2004), Biodiversité et relations trophiques dans quelques milieux estuariens et lagunaires de l'Afrique de l'Ouest : adaptations aux pressions environnementales, thèse de doctorat de l'Institut National Polytechnique de Toulouse en Sciences Agronomiques (Ecologie/Environnement Aquatique), 248 pp
- ZABI, S.F., LE BŒUF, P. (1993), Revue des connaissances sur la faune benthique des milieux margino-littoraux d'Afrique de l'Ouest Deuxième partie : peuplements et biotopes, Rev. Hydrobiol. Trop. 26 (1) : 19-51